az :
Je pensais lors d’une dispute récente avec quelqu’un, que le problème entre êtres humains venait de ce que nous percevons. Moi, je voyais des vérités, des évidences, pour reprendre un terme qui nous est cher. Il y a alors différents systèmes de valeurs qui coexistent et se heurtent de temps en temps.
Le luxe pourrait être d’avoir une faculté d’agencer (voir et créer le luxe est-il égal ? ) selon son système de valeurs différents éléments d’une situation et de produire une représentation (esthétique) qui, bien qu’appartenant à un système, pourrait séduire différentes personnes d’autres systèmes. Ce que nous nommerons : bon. Mais, dans ce cas, la différence serait que l’ensemble des intéressés tendraient plus à une certaine catégorie sociale.
ep :
Pido al chofer que prepare el coche...
Me lleva a la casa de campo...
Doy un sabatico al jardinero...
Cargo piedras en el terreno con mi nueva carretilla...
Desde las 11 am hasta las 17h00 pm...
De regreso a Mexico, me duermo en el coche...
Llego a mi depa de la plaza Rio de Janeiro...
Me ducho...me duermo
Le luxe...
az :
Je pense a différentes significations du mot luxe. Il y a, comme ta phrase l'évoque, le privilège ( donc, qui n’est pas attribué à tout le monde ) de pouvoir faire des choses agréables, sans aucune considération pour les autres. Pensant à une phrase que je t’ai déjà entendu dire “ ça me fait chier de faire cela “ suivi de l’implicite “je ne le ferais donc pas”. Le luxe serait de jouir de ce qui nous fait plaisir. A contrario de notre société démocratique, l’hédonisme pur a un léger côté rebelle, vulgaire, subversif et obscène. Ce que le plus grand nombre traiterait d’égoïsme. Et c’est là que j’aime la poétique de la décadence de Gainsbourg.
ep :
Cierro la galeria,
Cruzo el parque Rio de Janeiro,
Abro el departamento disenado por Andres Casillas en 1967,
Prendo el equipo de musica Harman Kardon,
Escucho a pleno volumen Sense Maya de Silvestre Revueltas,
Le Luxe...
az :
Certaines choses semblent avoir plus de valeur que d’autres. Dans l’univers du luxe, le luxe étant son propre arbitre, est alors étiqueté comme tel ce qui correspond à la volonté des créateurs du luxe dans le référentiel du luxe. Nous sommes proche de la tautologie. Une marque de luxe l’est pour celui qui se base sur une approche de la réalité au travers de l’image. D’où le succès de cette affreuse marque Louis Vuitton. Certes mon jugement ne dépend que de mon référentiel. Mais dans ce cas, son atout réside dans la seule apostille des initiales, ce qui laisse à penser sur la réelle valeur de l'esthétique de cette marque et donc de ce que l’on pense être le luxe. Les mots ont une importance et transparaissent des significations, une culture, une esthétique. Ainsi un grand chef cuisinier, une marque démesurément chère de cognac ou de cigare évoquent un milieu raffiné.
ep :
Salgo de la plaza Rio de Janeiro en taxi,
En el Palacio de bellas artes, rento un palco entero al segundo piso,
Acomodo el mini lobby, bloqueo las puertas con sillones,
Me desvisto, abro una mochila, saco una botella de champagne,
Escucho, encuerado y tirado al piso...
Rachamaninoff.
Le Luxe...
az :
Donc qu’est ce que le luxe - une somme de mots, de situations... Je pensais plus a une qualité, mais a parler je m aperçois que le luxe n est qu’un privilège, une exclusivité. Non, je n y crois pas. Le luxe doit avoir nécessairement un rapport avec le bon goût. Mais cela nous renvoie a une question plus délicate. Le goût du luxe a la simplicité d’être plus restreint. Il correspond a un certain milieu social. Et leur luxe, c’est d’être envié par le reste. A contrario, plus tragiquement, le luxe (ou du moins ce que l’on nomme le luxe ) est crée par ceux qui le regardent, ceux qui l’envient, donc par le plus grand nombre. Le luxe se perd dans cette définition. Moi, pour ma part, cette définition m’emmerde, elle ne mène à rien, sinon à montrer le vide culturel de notre société. Je préfère la qualité, et je suis fou de bonnes choses. Je ne parlerais plus de ce que l’on croit être le luxe, mais plutôt de ce que je voudrais que soit le luxe en tant qu’esthétique.
ep :
Estoy en Francia
Castillo romantico final del siglo 19, Normandia, 6 grados centigrados,
Salgo sobre la terraza volada 50 metros encima del parque,
Estoy desnudo, mis pies sobre una piel de vaca curtida,
Hago pipi sobre la cima de los arboles mas abajo,
Le Luxe
az :
Je me lance dans une argumentation hypothétique. Le luxe c’est donner de la valeur aux choses. C’est les arranger d’une certaine manière pour que de leurs origines génériques elles s’attribuent des qualités spécifiques. Une composition d’objets où chacun bénéficie de la proximité des autres. Un quart de tronc d’arbre brut devant un rideau mauve foncé sur une moquette noire, produira une autre sensation que le tronc tout seul, ou le rideau tout seul. La beauté du luxe vient du contraste, du paradoxe écrit dans la situation exceptionnelle. A noter que para-doxe est contre la doxa et donc contre le grand nombre. Le luxe est une beauté équivoque qui procure d’autres significations aux réalités.
ep :
Morelos, barra de metal en mano, en medio del terreno,
Con suaves rujidos planto la barra en la aridez sembrada de piedras,
Manos rojizas de las cualles gotearan en una delicada explosion...suero
Miro la piedra, miro la vista, el tepozteco, el valle de Yautepec,
Primera piedra de mi casa en construcion,
Le Luxe...
az :
Les mots que tu utilisent doivent apparemment exprimer le luxe : des noms de marque fameuse : Harman Kardon; des personnes célèbres : Andres Casillas, Silvestre Revueltas; des lieux dits de qualités : plaza Rio de Janeiro, Palacio de bellas artes, Francia, el tepozteco, el valle de Yautepec; des choses accessibles qu’au moyen de richesses : balcon de l’opéra, Champagne, chauffeur, château, maison de campagne; des époques du passé : romantique du 19e s, 1967, ou (ce que j’aime le plus) des choses culottées : faire pipi au dessus de la cime des arbres, être nu dans un balcon à l’opéra.
Ces mots sont censés faire rêver. Ce qui me chagrine, c’est qu’en entendant ces mots beaucoup rêvent de vivre ce qui est raconté par l’autre. Il y a un phénomène d’idéalisation dans la perception de la vie d’autrui qui utilise les mots que la doxa a décidé comme correspondant au rêve. Le narrateur se retrouve alors sur un piédestal infondé car une chose racontée est toujours plus alléchante qu’un chose vécue et la notion de spectacle est inévitable. Tout est image et l’image est ce qu’il y a de plus dangereux sur terre.
ep :
Calle Colima, Colonia Roma,
Desde mi escritorio entro en dialogo escrito con Arnaud,
Leo parafos, frases, palabras, sonrio,
Hago fuerza de memoria, regreso a la percepcion, a la emocion,
Me hundo en la relatividad de mis actos, celebro el presente,
Gracias a el, gracias a mi...alcanzo
El lujo...